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Maurice Digoy

Maurice Digoy est né le 22 juin 1921 à Fontaine, hammeau du village d’Auxy près d’Autun (Saône et Loire), dans la ferme de ses grands-parents maternels. Il a passé sa vie à Champlong, hameau du village de Curgy, à dix kilomètres à peine de son lieu de naissance, entre la maison de ses parents et celles de ses grands-parents, bâties dans la même cour.

Son enfance fut celle des enfants de son époque, élevés dans le culte du travail. Le plus triste pour lui, c’était d’aller à l’école (jusqu’ç douze ans). Le reste du temps –sauf le dimanche matin pendant la messe – il gardait un troupeau de vingt moutons et deux « biques », avec sa chienne, la Taupette, qui n’a jamais perdu un mouton.

Arcticle Lai Pouèlée (exposition sur la langue, 1995) "Moi, j’ai vécu la fin d’une époque. Je serai un des derniers à raconter... le dernier à raconter des histoires qu’on ose plus raconter de nos jours par peur de passer pour un imbécile".
La parole de Maurice résonnent dans l’oreille de presque tous les conteurs du Morvan et de ses environs, ses histoires invraisemblables de vertèbre de dynosaure, d’homme dans la lune, ses anecdotes sur le grand-père Digoy, la guerre du Mexique, etc. Cette voix chantante et insoumise autant que celle des oiseaux qu’il sait si bien imiter, cette langue d’autrefois, remplie d’images parfumées, que quelques-uns comprennent encore et que beaucoup aimeraient apprendre.

C’est dans sa petite maison de Curgy (71) que Maurice a reçu bon nombre de jeunes gens, amateurs d’histoires et de chansons. Rémi Guillaumeau fut l’un d’entre eux. A mesure de ses visites, la complicité s’est installée, les histoires sont venues par dizaines.

Maurice Digoy a peu à peu livré à l’enregistreur son répertoire de chansons et de récits, accumulé durant toute sa vie auprès de ses aïeux, de ses voisins... Cet échange a duré pendant 20 ans. Les deux hommes avaient projeté de "donner à ses paroles volantes un peu du plomb de l’écriture et faire reculer d’encore au moins mille ans l’oubli de ce monde de pieds de chou." C’est ainsi qu’en 2000, le recueil d’une partie de ce répertoire a vu le jour : Demain j’aurai mille ans (aux éditions du Pas de l’Âne).

Pourquoi les gens gardaient les bêtes et faisaient des rondes ?

Récit en patois, extrait d’une enquête « Informations sur l’Histoire locale, et la vie de village » enregistré par Rémi Guillaumeau en 1988.

 
 

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