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Ateliers Langue

Aipprenre ai causai patouais c’ost aibûyant ai peu pas maulâsié

« Apprendre le patois c’est facile et amusant » : les ateliers de sensibilisation au patois dans le cadre des NAP – Nouvelles Activités Pédagogiques.

La réforme des rythmes scolaires dans l’enseignement Primaire depuis 2013 (création des TAP, Temps d’Activités Périscolaires - rebaptisés NAP, Nouvelles Activités Pédagogiques) a créé une opportunité à l’échelon du Primaire en ouvrant les portes de l’école à des activités éducatives non académiques. Des animateurs et des locuteurs chevronnés des ateliers de patois de l’association Langue de Bourgogne, ont tentés l’expérience d’une sensibilisation au patois auprès d’élèves du Primaire. Des ateliers de sensibilisation au patois ont ainsi été mis en place dans 3 classes du Primaire de la Nièvre, à Lormes (avec Madeline André, atelier patois de Lormes), à Brassy et à Moux (avec R. Perruchot, atelier patois de Montsauche-les-Settons), ainsi qu’en Côte-d’Or, à Meilly-Rouvres (avec des animateurs des Raibâcheries du Bochot, canton de Pouilly-en-Auxois, 21 320).
Nous présenterons ici l’Atelier de sensibilisation au Bourguignon-Morvandiau et à ses patois dans l’Auxois-Sud. Il est aujourd’hui le mieux documenté. La présente synthèse ne doit pas cependant occulter ni l’ampleur de l’investissement ni la qualité du travail réalisé dans les autres écoles primaires.

L’Atelier de sensibilisation au patois en Auxois sud-Morvan
Cet atelier concerne le Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI) de 5 communes : Meilly-Rouvres, Maconge, Essey, Chazilly, et Ste Sabine.
L’atelier a eu lieu les mardis de 15h45 à 16h45, à la salle des fêtes de Meilly-Rouvres, du 26 mai au 23 juin 2015 (soit 5 séances).
Le public ciblé est de 15 élèves de CM1, dont la plupart n’ont jamais entendu parler patois, mais dont les parents, et surtout les grands-parents, ou les voisins âgés, sont encore des locuteurs, passifs ou actifs. Le canton de Pouilly-en-Auxois fait partie de ces zones où le patois est encore très vivant . Les animateurs – issus des Raibâcheries du Bochot – ont été nombreux et motivés pour intervenir : G. Barot – S. Bandonny - J-L Debard – G. Florent – J. Goulier - B. Marmillon – J. et C. Pommereau - C. Patru Vu la courte durée des cycles (quelques semaines), les objectifs ont été volontairement limités, mais un certain nombre de « tests » ont été validés avec succès.

REDEVENIR ACTEUR DE SON PATRIMOINE LINGUISTIQUE
Vu le peu de temps imparti, nous avons choisi un format et une progression proches de ce qui se fait en atelier mensuel avec les adultes :
1. Chant traditionnel : pour se mettre en voix, souder le groupe, permettre à chacun de participer, à sa mesure (air traditionnel : « Y’ai eún nid… », Il y a un nid…)

2. Travail sur le vocabulaire et la prononciation : apprentissage de quelques « mots-outils » (« İ seûs / je suis », « İ’eûme…/ j’aime », etc.). Nous insistons sur le respect de la diversité des formes, des variantes collectées (« â/yâ/eaie… : de l’eau) car elles témoignent de la richesse et de la plasticité de la langue régionale, loin des standards imposés par ailleurs. Elle ne fait pas obstacle à l’intercompréhension.

3. Découverte d’imagiers avec des mots à collecter pour enrichir le lexique commun : les oiseaux (thème en relation avec le chant), les fruits et légumes, etc.

4. Importance de la collecte de mots : les imagiers sont l’occasion pour les enfants d’interroger leur entourage pour trouver les mots patois correspondants ; ils deviennent ainsi des « passeurs de mémoire » !
5. Activités ludiques basées sur l’oralité et la gestuelle : jeu de rôle (se présenter), jeux de cartes pour réviser ; variations lexicales sur l’air traditionnel appris (remplacer des mots-clés par ceux appris dans les imagiers, y compris pour rire !)

QUELLES PERSPECTIVES POUR DEMAIN ?
Ces expériences sont positives, au vu de l’intérêt porté par les enfants, les Professeurs des écoles, les parents et les municipalités. Reste maintenant à former des équipes, engager un travail de réflexion pédagogique global, et de faire valider ces expériences au niveau académiques. Autant de défis à relever pour que les langues régionales soient les langues de demain !
Gilles Barot animateur des Raibâcheries du Bochot, canton de Pouilly-en-Auxois, et secrétaire de l’association Langues de Bourgogne.

 

Extrait des NAP à Montsauches-les-settons

extrait de la chanson Y’ai un nid su l’poiré :

IMG/mp3/ZOOM0015.mp3

extrait de la chanson la barbouyote :

IMG/mp3/ZOOM0017.mp3

Photos et prise de son : Régine Perruchot.

 
 
 
 

Contact : Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne : 03 85 82 77 00 / contact@mpo-bourgogne.org